DVD 07 07 : Arrêt du projet de Plan de Déplacements de Paris

M. JOMIER souhaite pour sa part simplement revenir sur quelques points, car il considère que Mme JEMNI a très bien exposé les grandes lignes. Le PDP est ambitieux, notamment à travers les objectifs qu’il fixe : une baisse de 60% de CO2, l’ensemble des rues parisiennes conformes aux directives européennes, une baisse du trafic motorisé, l’augmentation de l’offre de transports publics.
Il observe que le PDP contient des dizaines de propositions très précises sur l’ensemble des aspects de la politique de déplacements, ces propositions sont mises en perspective sur quinze ans, s’inscrivant ainsi dans la durée, car on ne modifie pas une politique de déplacements au bout de quelques années si l’on souhaite obtenir des résultats. Le PDP s’inscrit également bien dans le territoire de l’agglomération, qui est le véritable bassin de déplacements. C’est pourquoi ce document définit concrètement les moyens que la Ville compte mettre en œuvre lorsqu’il s’agit de ses compétences directes telles que les aménagement de voirie, les services à la mobilité. En ce qui concerne les compétences partagées, la Ville attend que l’Etat s’engage fermement dans ce sens.
Le PDP décline concrètement les orientations que la Ville défendra au sein des instances où elle siège, telles que le STIF, financé à hauteur de 30% par la Ville, soit 300 millions d’euros en 2007. Il décline également les attentes de la Ville vis à vis de l’Etat et de la Préfecture de police, notamment en ce qui concerne l’amélioration du contrôle des infractions, la gestion du périphérique, des voies sur berges et des grands axes. Le PDP attire l’attention sur la nécessité de faire évoluer certaines normes juridiques : la réglementation sur les véhicules polluants, la création d’un réel code de la rue afin que l’espace public valorise les plus faibles et non les plus forts.
Le PDP est une traduction concrète des engagements et de la politique menée par la municipalité depuis 2001. Il permet donc de mettre en perspective à l’échelle de l’agglomération cette politique.
M. JOMIER rappelle que 98 conseils de quartier ont émis des avis, mais seuls les maires du 5e et du 8e arrondissement ont refusé d’organiser cette concertation.
Ce plan apporte des réponses environnementales et sociales, car il organise progressivement la réduction de la circulation automobile, permettant ainsi de réduire la pollution de proximité, d’améliorer la qualité de l’air à Paris et de s’attaquer aux causes du dérèglement climatique. M. JOMIER pense qu’il ne suffit pas d’applaudir M. AL GORE lorsqu’il vient présenter un film remarquable, de signer des pactes écologiques devant les médias car l’on est candidat à l’élection présidentielle, cela doit dès à présent se traduire par des actes concrets.
Il s’inscrit en faux lorsqu’il entend dire que la pollution à Paris a augmenté, car la Ville vient de démontrer que la réduction de la circulation a permis de diminuer de 11% les émissions de gaz à effet de serre et de 6% les émissions d’oxyde d’azote entre 2002 et 2007.
Le PDP fait de l’augmentation de l’offre de transport l’un des leviers principaux du changement et un instrument de justice sociale. Il rappelle que le droit à la mobilité s’exerce soit par des moyens privés (voiture) , soit par des moyens publics (transports en communs) : or, 67% des habitants du 16e arrondissement possèdent une voiture pour seulement 39% dans le 19e arrondissement. De plus, 35% des foyers les plus riches utilisent leur voiture tous les jours et seulement 9% parmi les foyers les plus pauvres : une politique visant à améliorer l’offre des transports en communs est une politique profondément sociale.
En mettant le piéton au cœur de la ville, en rendant les espaces publics plus accessibles, la politique de déplacement favorise le commerce de proximité et dynamise la vie locale. Les études de l’APUR ont montré l’absence de déclin du commerce dans les quartiers verts.
Ce PDP permet de faire reculer l’insécurité routière, en sécurisant les chemins piétonniers, les abords des écoles et en limitant la vitesse de circulation. Les accidents mortels ont diminué de moitié depuis 2000, et si l’année 2006 a été bien plus meurtrière c’est parce que c’est le cas, malheureusement, lors de chaque année pré-présidentielle.
En conclusion, ce PDP est une étape importante avant une politique plus ambitieuse. Depuis 2001, les élus parisiens ont compris qu’il était possible d’agir et non de se contenter de déclaration d’intention. La lutte contre la pollution, la lutte contre le changement climatique sont dorénavant des priorités unanimement reconnues, le PDP donnant l’occasion de les traduire concrètement en acte. Ce PDP est aussi, pour le groupe Vert, un document de compromis, car face à l’urgence des enjeux environnementaux, M.JOMIER est convaincu que, rapidement, il sera nécessaire d’aller plus loin répondant ainsi à l’attente des citoyens.
M. MADEC met aux voix le projet de délibération qui est adopté à la majorité (Contre : Mmes ASFEZ, COQUARD, M. GIANNESINI. Abstention : M. NORDMANN )