UN MÉDECIN supplémentaire assurera bientôt des permanences à la maison médicale de garde du nord-est de Paris. Le principe vient d'être adopté. Officiellement ouverte fin décembre, la première maison médicale de la capitale a en effet franchi le cap des six mois avec succès, compte tenu du nombre d'hôpitaux parisiens et du réflexe encore ancré à se précipiter aux urgences lorsque les cabinets de ville ferment leurs portes. Deux cent cinquante patients se présentent chaque mois dans les locaux, mis à disposition par le centre médico-chirurgical de la porte de Pantin. On s'attend au minimum à en doubler la fréquentation d'ici à l'hiver. « Depuis que j'ai démarré ce matin, ça n'a pas arrête », confirme Virginie. Généraliste dans le Xe la semaine, elle est l'un des 21 médecins libéraux qui participent au roulement A midi ce dimanche, dix personnes ont déjà consulté. Trois patientent sur les fauteuils en plastique dans la salle d'attente. Un grand gaillard en short grimace de douleur, la jambe bien éraflée : il ne sait plus comment s'asseoir et peut à peine marcher. Le médecin l'envoie faire une radio. Avantage : elle sera faite dans les cinq minutes à l'étage au-dessus, grâce aux équipements du centre médico-chirurgical.

2 % seulement des malades doivent être réadressés aux urgences 

Dans la salle d'attente, Claudine, quinquagénaire au chômage, s'inquiète. Sa jambe droite a beaucoup enflé. « J'ai peur que ce soit une phlébite, et je vis toute seule... » Le Samu l'a orientée ici. « J'aurais pu me précipiler à l'hôpital Tenon, mais je préfère laisser ça aux grosses urgences. » Frances, la voix prise par les restes d'un rhume, peine à ramener son fils aîné à un peu de calme, tandis qu'Arnaud, 2 ans, dodeline de la tête dans sa poussette. Le petit blondinet très abattu, suce sa tétine le regard vague. «Il a 39,5 de fièvre. Depuis mardi, c'est le yo-yo. » Plus de la moitié des patients sont venus d'eux-mêmes, ou comme Frances, guidés par une amie. « Il est encore trop tôt pour estimer si notre existence joue sur le flux des urgences de l'hôpital Debré, tellement énorme ! » indique le médecin coor- donnateur, Olivier Margelish. Mais les patients semblent avoir bien-compris la différence entre courir à l'hôpital et y attendre des heures ou venir ici. » Selon le bilan des six premiers mois, 2 % seulement des malades doivent être réadressés aux urgences et les visites injustifiées sont rares (19 %). « Parfois, ils pourraient sans doute attendre, du point de vue médical, sourit Virginie. Mais nous sommes là pour traiter l'urgence ressentie. Et sur les dix malades de la matinée, j'ai aussi vu une pneumonie et deux fractures à soigner d'urgence. »

CLAUDINE PROUST

Des consultations sans rendez-vous
■ Où ? La maison medicale de garde du nord-est pari sien est installée au premier sous-sol du centre mé- dico-chirugical de la porte de Pantin, sente des Dorées (XIXe), face à la Cité de la musique, métro Porte-de- Pantin.
■ Pour qui ? Tout le monde. La maison médicale de garde est même ouverte à ceux qui habitent de l'autre côté du périph et de la porte de Pantin.
■ Pour quoi ? L'idée n'est pas de remplacer totale ment un service d'urgence hospitalier mais d'éviter leur engorgement en offrant la permanence de soins d'un généraliste de ville, aux heures et jours où les cabinets sont fermés. Gastro. otites, angines, blessures : le méde- cin sur place peut même faire des points de suture. En cas de plâtre ou d'opération, il vous adresse aux urgences. Si vous doutez, vous pouvez appeler le 15, le médecin régulateur vous conseillera.
■ Quand ? Le soir de 20 heures à 23 heures du lundi au vendredi. Le samedi de 14 heures a 20 heures, les dimanches et jours fériés de 9 heures à 20 heures. Tou jours sans rendez-vous.
■ Pour combien ? Le prix d'une consultation chez un spécialiste de secteur 1. Si vous venez avec votre carte vitale, vous ne payez que la part mutuelle de la consultation. Les bénéficiaires de la CMU et de l'AME ne paient rien.