"ON NOUS a informés le 11 novembre 2003 qu'il y avait eu un cas de légionellose dans notre immeuble et depuis, nous ne pouvons plus utiliser l'eau chaude pour se doucher. On se lave avec des bouteilles d'eau minérale ou chez des amis. Et on ne nous a toujours pas donné la date des travaux », s'indigne une copropriétaire du 118-130, avenue Jean-Jaurès (XIXe), dont la fille suit une chimiothérapie- Elle-même asthmatique, cette habitante est privée comme sa fille, malade, de douche depuis presque deux mois. Le 12 novembre dernier, la Dass (Direction des affaires sanitaires et sociales) de Paris, service de l'Etat s'est en effet rendue dans l'immeuble le Belvédère, un bâtiment de vingt-cinq étages abritant quelque 200 appartements, mais aussi des commerces et des bureaux. « Nos services se sont déplacés à la suite de deux cas de légionellose déclarés dans cet immeuble en juillet et novembre 2003 », confirme Marie-Claude Zaslavsky directrice adjointe de la Dass de Paris, responsable du pôle santé publique.
« Des prélèvements ont été effectués qui ont révélé des taux de légionelles pas très élevés (10 000/ml). Les installations nécessitaient des mises aux normes et nous avons fait des recommandations de travaux au syndic et à la société d'entretien par courrier, le 14 novembre. Nous avons également procédé à l'affichage dans l'immeuble d'un avis sanitaire pour informer les habitants des précautions à prendre pour utiliser l'eau chaude » Mais depuis le 12 novembre, faute de nouvelles informations, les habitants du Belvédère s'inquiètent : « Tous les jours les personnes de ma direction sont amenées à renseigner les personnes de cet immeuble », constate la directrice adjointe de la Dass. « Tout le monde vient me poser des questions, s'agace de son côté le gardien de l'immeuble. Mais moi je sais seulement que les travaux vont être faits. Et ça ne concerne que les gens qui ont des problèmes pulmonaires, de l'asthme... Tout est indiqué sur l'avis de la Dass. »

« On ne nous a toujours
pas donné la date des travaux »


« Le syndic, il s'agit d'un immeuble privé, ne nous ayant pas répondu, nous lui avons adressé un deuxième courrier le 12 décembre », poursuit à la Dass Marie-Claude Zaslavsky. Pour éradiquer la légionelle, une campagne de « chocs thermiques » (c'est-à-dire porter la température de l'eau chaude sanitaire à 70 °C à plusieurs reprises) avait été préconisée. Or il s'avère que « la société d'entretien est très réservée quant à la réalisation de ce traitement par chocs thermiques », nous a expliqué hier le syndic, le réseau d'eau chaude pourrait ne pas supporter une température aussi élevée. Reste la solution du traitement chimique (une « surchloration » temporaire du réseau) qui devrait selon le gérant être réalisé « dans les prochains jours ». Mais d'ores et déjà, depuis la mi-novembre, des mesures ont été prises . « L'eau chaude a été portée à plus de 60 °C et certains ballons économi-seurs d'eau ont été neutralisés assure le gérant « Nous avons isolé ce qui pouvait être potentiellement à l'origine de la pollution de l'installation d'eau chaude. » Les précautions d'utilisation d'eau chaude sont donc toujours d'actualité pour l'ensemble des habitants et les douches interdites aux plus fragiles, selon les recommandations de son médecin traitant jusqu'à nouvel ordre.

FLORENCE HUBIN