Vœu concernant l'Hôpital Maison Blanche.

Note : le vœu demande le renforcement des moyens des secteurs de psychiatrie.

M. JOMIER exprime son accord avec l'exposé de M. VUILLERMOZ sur la situation de la psychiatrie et plus particulièrement de la psychiatrie publique.

Il rappelle que les Etats Généraux de la psychiatrie, qui se sont tenus récemment, ont constaté une carence dramatique de la prise en charge des malades mentaux et qu'une organisation de psychiatres a publié un livre blanc dressant un état des lieux catastrophique, non démenti par les autorités de tutelle, de la situation sur Paris.

Il indique que le 19e arrondissement dispose d'un Conseil de santé mentale, né de l'initiative des praticiens et des secteurs de santé mentale rattachés à l'Hôpital Maison Blanche, qui se préoccupe de ces questions. Ce Conseil est un lieu d'échanges entre les professionnels de la psychiatrie publique, les professionnels de ville et du secteur sanitaire et social.

Il précise que l'arrondissement présente un taux de chômage et des conditions socioéconomiques très défavorables et qu'il compte une forte proportion de personnes immigrées arrivées récemment avec les difficultés qui en découlent, ce qui nécessite des besoins plus important que dans d'autres arrondissements.

Il observe que l'arrondissement est sous doté alors que les souffrances mentales sont fortes et rappelle que les professionnels de la psychiatrie ne sont pas seuls face à cette situation car les médecins généralistes sont eux aussi submergés de demandes liées au mal être et les travailleurs sociaux sont quotidiennement confrontés à cette situation où ils sont bien souvent impuissants à régler seuls les problèmes. Ils sont dans une situation d'épuisement légitime.

M. JOMIER rappelle que les élus côtoient chaque jour les souffrances de la population et le sentiment d'échec des professionnels et souhaite que l'on donne de la visibilité à ces problèmes pour aboutir à des décisions concrètes en terme de moyens.

Il explique que la souffrance des personnes immigrées, que la violence des jeunes et les difficultés rencontrées par les familles posent des interrogations sur notre organisation sociale car lorsque le temps et l'espace de paroles communes se réduisent à néant (par l'absence de travail, par la fermeture des lieux publics, par la suppression des bancs publics notamment), le malaise et la souffrance mentale se développent.

Il précise que les psychiatres ne doivent pas être les ravaudeurs silencieux de notre société et que c'est dans la politique sociale et dans la politique de la Ville que se trouve une bonne part des réponses.

Il observe que les psychiatres ne veulent pas que leur champ d'intervention se dilue à l'excès d'autant plus que leurs missions essentielles s'accomplissent difficilement, ni que l'on médicalise les tensions de la société mais que l'on montre, au contraire, les conséquences de ces tensions sur la santé.

Il ajoute que ce débat renvoie bien à la nécessité d'augmenter les moyens de la psychiatrie publique ainsi qu'aux réponses politiques à apporter au fonds, ce que les élus font dans le domaine de la politique sociale et de la politique de la Ville.

M. MADEC met aux voix le projet de vœu qui est adopté à l'unanimité, Mmes ASFEZ, BRESSAND, MM. BULTE, GIANNESINI ne prenant pas part au vote.