AU NOMBRE des mécontents des couloirs de bus, il faut désormais ajouter les médecins de ville. Après un nouveau refus de la préfecture de police de leur en donner l'accès, qu'ils fassent partie des 1 800 véhicules équipés de la vignette Urgences ou de SOS Médecins, ils ont décidé de proposer à leurs patients de signer une pétition et, à terme, de transférer sur le 15 tous les appels en visite.
Seulement en cas d'extrême urgence Pour leurs visites, les médecins libéraux ne sont autorisés à prendre les nouveaux couloirs qu'en cas d'« extrême urgence ». Seuls les Samu et les pompiers peuvent les emprunter. « Nous qui remplissons une véritable mission de service public, nous regardons passer les bus, les taxis, les vélos, les rol-1ers ou tout autre véhicule prioritaire..., constatait le docteur Gérard Zeiger, président du Conseil de l'ordre des médecins, hier lors d'une réunion à laquelle participaient . aussi SOS Médecins, l'Union régionale des médecins libéraux d'Ile-de-France, les syndicats médicaux parisiens... Les embouteillages vont finir par nous empêcher de répondre dans des délais raisonnables aux appels de nos patients. »
C'est d'autant plus vrai pour SOS Médecins, véhicules également interdits, alors qu'ils répondent à de nombreux appels du 15. Bernard Jomier, maire adjoint chargé de la santé dans le XIXe et également médecin, considère toutefois que « l'amélioration de la situation des médecins parisiens, liée à l'obtention il y a deux ans des vignettes d'urgence, n'est nullement remise en cause par les nouveaux couloirs de bus dont l'impact est localisé et ponctuel ». Et que « la politique de réduction de l'usage de l'automobile a pour objectif de réduire les conséquences de la pollution sur la santé des Parisiens ». En revanche, l'élu, dans un courrier au préfet de police, évoque le cas des infirmières, qui, « elles aussi interviennent au domicile de patients âgés et handicapés et qui ne bénéficient actuellement même pas des vignettes Urgences accordées aux médecins libéraux ».
LAURE PELE